Une histoire de couleurs

Le Tableau a été réalisé par Jean-François Laguionie et est sorti en France en 2011. Dans un tableau, des personnages, Les Toupins se croyant supérieurs parce qu’ils sont entièrement peints, qu’il ne leur manque aucune couleur, rejettent les Pafinis et les Reufs hors du palais. Mais un Toupin et une Pafini partent à la recherche du peintre pour qu’il finisse son œuvre et rétablisse ainsi la paix entre les êtres du tableau.
Les personnages, par la manière même dont ils sont peints ou dessinés, du fait que certains manquent de couleur ou de volume, nous font ressentir leurs émotions. Etre un Reuf n’implique pas seulement d’être dessiné à grands traits par le pinceau du peintre : cela veut aussi dire avoir du mal à s’exprimer et être plus fragile que les autres. Mais le film ne dit pas qu’il est mieux d’être Toupin : les Toupin se montrent cruels, et finalement, être Reuf permet de se glisser partout. Comme le dit le peintre à un moment de l’histoire, il a donné l’essentiel à ses personnages. Cependant, à la fin du film, les Pafinis et les Reufs se rajoutent des couleurs vives et joyeuses, ils se sentent plein de gaîté, et les Toupins se montrent jaloux. L’idée que ses personnages prennent en main leur destin plaît d’ailleurs au peintre.
La construction du film est intéressante : les personnages passent d’un tableau à l’autre. Lorsqu’ils se retrouvent coincés avec d’autres personnages dans d’autres tableaux du peintre, d’autres relations s’établissent entre les personnages, par rapport à celles qu’ils ont dans le tableau d’origine. Puisqu’ils sont fabriqués de manière différente et que le thème du tableau n’est pas le même ils réagissent différemment, soit parce qu’ils acceptent la différence chez les autres, soit parce qu’ils la rejettent. Le Tableau est un film d’action, ce qui le rend plus intéressant. Les personnages surmontent les obstacles d’autres tableaux que le leur. La caméra suit les personnages en action et nous avons l’impression d’être avec eux.

Eléa